La thalassothérapie des temps modernes

thalassotherapie

Maison de santé, centres de soins à l’eau de mer

De la naissance de la thalassothérapie à la création des centres de cures et de soins en bord de mer à travers l’Europe, découvrez toute l’histoire de la thalasso et de ses infrastructures.

L’initiateur de la période moderne de la thalassothérapie peut être considéré en la personne de Richard Russel (1687-1759) appelé par Michelet « l’inventeur de la mer » dont les oeuvres plus importantes sont « De tabe glandulari, sive de usu aquae marinae in morbis glandularum » (1750) et « On the use of sea water » (1750).

Russel disait : « il faut boire l’eau de mer, y faire le bain, manger toutes les choses marines dans lesquelles est concentrée la vertu de la mer ». Homère semble être évoqué dans ces paroles, que dans sa foi pour la mer ce même Schliemann détermina (1822-1890), durant l’odyssée des recherches à Troie et à Mycènes, à mener une existence à base de fruits frais et de poisson et à soigner des plaies et des irritations qui se sont produites durant les creusages, avec de l’eau de mer.

Il semble que la première « Maison de santé thermale marine » soit née à Dieppe en 1778 et le premier « Hospice Marin pour enfants » à Magrate, en Grande Bretagne, en 1791, sans doute l’unique jusqu’en 1842 alors qu’il en fut construit un autre, le premier en Italie, à Viareggio.

Jusqu’en 1861 d’autres naissent, en France, avec différentes dominations et finalités, au Havre (1844, Bains Frascati), à Sète (1847, Premier Hôpital Marin), à Lus sur Mer (1859, Etablissement Bains), a Berck sur Mer (1861) ; en Belgique à Middlekerke en 1854 et en Italie à Livorno (1859), San Benedetto del Tronto (1865), Riccione (1866), Porto d’Anzio (1867), Palermo (1874) ; un autre Institut Marin est construit a St. Malo ainsi qu’à Roscoff en France et à Ostende en Belgique en 1899.

Spallanzani en 1769 invoqua l’action bactéricide du soleil, tandis que le développement de la science médicale, de la physique, de la chimie et surtout l’esprit de recherche pendant le XVIIIème siècle portaient à d’intéressantes observations sur l’efficacité de l’héliothérapie dans certaines dermatites, ulcères, blessures, fractures, dans l’ascite, dans la tuberculose osseuse, dans le rachitisme.

La littérature à ce propos fleurit déjà à la fin du XVIème siècle et démontre entre autre que l’on s’est abandonné à un enthousiasme pas toujours justifié (White : The use and abuse of sea water, London 1775). L’eau de mer s’administre par voie orale, par clystères, par voie intramusculaire et intraveineuse ; pour la rendre plus agréable on l’offre sous forme de potions édulcorées en suivant les traces de Dioscùride Pedanio, médecin grec de Anazarba au Ier siècle après J.C. ; on la donne, comme réfère ce même Hippocrate, comme purge ; encore aujourd’hui, d’un autre côté, en suivant une ancienne tradition, les vénitiens appelaient « sal de canal » le sel amer obtenu de l’eau de mer habituellement utilisé pour son action purgative.

La contribution de la France fut considérable dans le développement de la thalassothérapie : Maret en 1789 publie une note sur le mécanisme d’action des bains d’eau douce et de mer et sur leur usage ; en 1812 sort une thèse de François « Les Bains de Mer de Dieppe » et encore de Blot le Manuel des Bains de Mer ; Roccas en 1857 publie le « Manuel hygiénique et thérapeutique des bains de mer » ; ni l’on peut taire l’œuvre magistrale de Renè Quinton (1867-1925) qui « restitue l’homme à son origine aquatique » (Leroy-Heger) vu que « tous les organismes proviennent d’une cellule et cette cellule est d’origine marine » (L’eau de mer milieu organique, 1904).

Tandis qu’en 1833 G. Giannelli publiait le « Manuel pour les bains de mer » par lequel l’on comprend comment les bains marins étaient déjà diffus à cette époque comme moyen de soin et distraction mondaine, l’école française de Poncet fait la promotion de l’institution de certains établissements destinés au solarium sur la côte méditerranéenne (Hyères, Cannes).

En 1850, le Dr. John Bell de Philadelphie donne à l’impression le « Treatise on Baths » et dédie 50 pages au bain marin en se rapportant à la technique, aux indications et au choix de la saison en rapport au type de patient. En Italie, le premier document officiel concernant la thalassothérapie est le « Règlement pour le bon service et le bon ordre des bains de mer », du Gouvernement Toscan en 1822.

Entre temps, les institutions de Spallanzani trouvent confirmation et l’on commence à reconnaître à l’action antibactérienne des rayons solaires, aussi un effet anti asthénique et hématogène. Déjà en 1853, Vanzetti, chirurgien padouan, prescrivait l’héliothérapie dans les arthrites et dans les ulcères cutanés, tandis que Barellai fut le premier à concevoir l’Hospice Marin comme lieu d’hospitalisation pour des soins prolongés, surtout dans la tuberculose extra pulmonaire.

Autour de 1840, Tomaso Rima (1775-1843), chirurgien à l’Hôpital de Venise, fit construire auprès de l’Eglise de la Santé un « bain flottant » fixe sur des pontons avec un bassin d’env. 10 x 7 mètres. La Sirena était une barque, imaginée aussi par Rima, réservée à la thalassothérapie.

Les premières cloches au Lido de Venise sont construites en 1887 et de là elles qui si diffusent lentement dans toute l’Italie tandis que le milanais Hajech soutient l’utilité des hospices marins permanents le premier desquels est construit à Viareggio en 1901.

Entre 1870 et 1890 naissent les plus prestigieux établissements d’héliothérapie du Haut Adriatique, ceux du Lido de Venise et de Grado, et en 1910, Giulio Ceresole fonde l’Observatoire pour l’étude de la Climato – thalassothérapie, sur la plage de Venise.

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